" Je te donne la vie. "
Tom :
Je me souviens encore du jour où on a apprit la maladie de
Bill.
J'étais un enfant, rien qu'un gamin.
& la verité, pourtant s'est ecrasé en moi comme un ballon en pleine figure.
Je me souviens des traits du visage de ma mére se crisper, son visage changer d'expression, ses yeux qui devenaient rouges, & les larmes qui coulaient le longs de ses joues.
Je me souviens de l'expression de mon pére.
Je ne comprenais pas vraiment ce qu'ils disaient.
Je savais qu'il parlaient de mon jumeau, & le médecin parlait gravement.
La question de ma mére a résonné dans la piéce, je m'en souviens encore. '
Il va mourir ? '.
Sa voix tremblait, j'ai relevé la tête, attendant une réponse, j'ai sentit les mains de mon pére me serrer un peu plus contre lui.
Le médecin n'a répondu qu'un '
Probablement'.
Bill a une LAP.
Une leucémie aiguë promyélocytaire.
La vie de mon frére dépends de ma propre vie.
Après la révélation de la maladie, les médecins ont vérifié que j'étais histocompatible HLA.
Il fallait que les 6 protéines soient identiques, ou presque. & ca l'était.
Je suis devenu son moteur.
Il aurait pu recevoir les don de moelle osseuse, globules blancs, d'un donneur anonyme.
Mais non.
Jumeaux, nous sommes jumeaux.
Si son corps avait rejeté tout ça, ca l'aurait affreusement affaiblit, il aurait pu mourir.
C'est à ce moment précis, que je suis devenue la vie de mon frére.
Je tiens sa vie entre mes mains, & il me suffirait de percer sa vie, comme on perce un ballon rempli d'hélium, pour qu'il meurt.
Je me souviens exactement du premier don que je lui ai fait.
Il s'agissait d'un don de moelle osseuse, afin que
Bill puisse produire des cellules hématopoïétiques.
La LAP est une maladie sombre, un traitement qui marche une fois, ne marche généralement pas une deuxième fois, les médecins doivent anticiper chaques rechutes.
C'est simple, sa vie depends de moi.
Vous ne comprendez sûrement pas, mais, je compte les années.
Aujourd'hui, ca fait exactement 11 ans que nous avons découvert la maladie.
Il est la meilleure chose que mes parents m'aient offerte.
Il est tout.
Chaque fois, le voir rechuter est une nouvelle déchirure.
Je connais les numeros d'urgence par c½ur, & tel un robot, quand je le vois tousser, je me précipite sur le telephone, pendant que ma mére range des affaires, j'apelle le docteur
Campbell, & nous allons aux urgences.
& quand il faut lui faire un don, je suis là.
Je supporte la douleur de l'aiguille qui s'enfonce prés de ma colonne vertébrale, pour qu'il vive.
Je supporterais, en vérité, toutes les douleurs pour qu'il vive.
Au début, je continuais à rêver, de nos 18 ans.
De notre premiére remise de dîplomes.
Mais à la premiére rechute, tout ça s'est écroulé.
La verité s'abbatait encore furieusement sur moi.
Bill pouvait mourir à tout moment.
Alors j'ai commencé à penser à l'année suivante, au prochain anniversaire.
& là encore, tout s'est écroulé.
Alors j'ai appris à ne pas penser au futur, à aimer mon frére, le sauver, & profiter.
Nous avons 16 ans & demi.
En réalité, je ne pensais pas atteindre avec lui cet age.
J'attendais sa mort, je l'ai attendue longtemps.
Je la guettais & essayer tant bien que mal de la repousser.
& Bill est encore là, prés de moi.
Je suis son confident, son meilleur ami, son frère, son jumeau.
Il n'a pas d'amis, il n'a jamais eu de scolarité normale après ses 5 ans & demi.
Mon pére est pompier, il sauve des vies.
Ma mére, avocate, a arrêté de travailler pour veiller sur
Bill.
& il y a moi, pour compléter la famille, & sauver mon frère.
Les gens ont de la compassion, ils sont gentils avec nous, juste parce qu'un jour
Bill va mourir.
On va tous mourir.
Les gens, qui nous connaissent & nous croisent, remercient
Dieu silencieusement de ne pas avoir notre vie, de ne pas être moi, de ne pas être
Bill.
De ne pas voir leur enfant mourir petit à petit.
Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est qu'il est mort depuis longtemps.
J'ai longtemps cru que tout ça était un cauchemard, & qu'il n'était pas vraiment malade.
Alors je fermais les yeux très très fort, & je priais pour que quand je me reveille, il ne soit plus dans cette chambre d'hopital, mais qu'on soit dans notre chambre, en train de jouer avec des
Action man.
Je souffle légérement, j'ai chaud, la sueur rends ma peau brillante au clair de lune.
Je dégage les couvertures qui couvraient jusqu'ici mon corps, & tourne mes yeux vers le réveil.
3h56.
Je me mets allongé sur le dos, & ferme les yeux.
Le silence a un son, & porte un nom.
Bill.
Je me lève rapidement, & court jusqu'à son lit, il claque des dents alors qu'il fait près de 28 degrés dans la chambre.
- Bill, tu as mal ?
Il hoche la tête rapidement.
Je me léve, & court reveiller mes parents, je les secous très fort, & leur cris dessus.
On doit se depecher.
- Bill a de la fiévre, je vais m'occuper de lui, préparez les affaires & appelez le docteur Campbell, je vais essayer de le calmer.
Je me précipite de nouveau dans notre chambre, je retire la couverture qui le couvre, & je l'assois sur le lit, il est affreusement pâle & meurt de froids, pourtant, son corps est brulant.
J'humidifie un gant à la salle de bain & caresse son front.
La voix tremblante de ma mére résonne dans la piéce.
- On y va.
Voilàààààààà. Ca plait ? :/
Lexique :
cellules hématopoïétique : Cellules de sangs dans la moelle rouge des os & dans le tissu lymphoïde
histocompatible : Assez de similitudes antigénes, pour une greffe.
Des mots que vous ne comprennez pas ? N'hésitez pas à me demander la définition.